1. Introduction, Épidémiologie & Définition
Le diabète de type 2 (DT2) représente l'archétype des pathologies métaboliques non transmissibles contemporaines. Il se définit biologiquement par un état d'hyperglycémie chronique résultant de l'interaction complexe entre une prédisposition polygénique majeure et des facteurs environnementaux délétères (sédentarité, surnutrition, adiposité viscérale). Contrairement au diabète de type 1, caractérisé par une destruction auto-immune fulgurante des cellules β pancréatiques conduisant à une carence absolue en insuline, le DT2 évolue insidieusement sur plusieurs décennies à travers une phase initiale d'insulinorésistance compensée par une hyperinsulinémie, suivie de l'épuisement progressif et inéluctable du capital cellulaire β sécréteur d'insuline.
Sur le plan épidémiologique mondial, selon les données actualisées de la Fédération Internationale du Diabète (FID / IDF), plus de 537 millions d'adultes vivaient avec un diabète en 2021, un chiffre qui devrait franchir le seuil alarmant des 783 millions à l'horizon 2045. Le DT2 constitue plus de 90 à 95 % de l'ensemble des cas de diabète à l'échelle planétaire. Une caractéristique majeure réside dans l'existence d'une proportion considérable de cas non diagnostiqués (estimée entre 30 % et 50 % selon les régions du globe), due au caractère indolent et paucisymptomatique de la maladie pendant ses 5 à 10 premières années d'évolution. Ainsi, lors de la découverte formelle du DT2, près de 20 à 30 % des patients présentent déjà au moins une complication micro- ou macrovasculaire constituée.
Le fardeau économique et humain du DT2 est colossal : il s'agit de l'une des premières causes de cécité acquise avant l'âge de 65 ans (rétinopathie diabétique), de la première cause d'insuffisance rénale terminale requérant l'hémodialyse de suppléance ou la transplantation rénale dans les pays industrialisés (néphropathie diabétique), de la première cause d'amputation non traumatique des membres inférieurs (mal perforant et artériopathie), et d'un multiplicateur majeur par 2 à 4 du risque de mortalité cardiovasculaire globale (infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée ou altérée, accidents vasculaires cérébraux ischémiques).