1. Définitions & Nouvelle Classification Phénotypique ESC
L'Insuffisance Cardiaque (IC) n'est pas une maladie unique, mais un syndrome clinique physiopathologique terminal commun à de multiples cardiopathies sous-jacentes. Selon la définition universelle actualisée par la Société Européenne de Cardiologie (ESC), l'IC associe obligatoirement :
- Des symptômes cardinaux d'effort ou de repos : dyspnée, orthopnée, asthénie, fatigabilité musculaire anormale, intolérance à l'exercice, œdèmes des membres inférieurs.
- Des signes physiques objectifs d'hypertension veineuse ou d'hypoperfusion : turgescence jugulaire, reflux hépato-jugulaire, râles crépitants pulmonaires inspiratoires, galop protodiastolique B3 apexien, œdèmes déclives prenant le godet.
- Une preuve objective cardiologique d'une anomalie structurale et/ou fonctionnelle du myocarde (dilatation cavitaire, hypertrophie ventriculaire, anomalie valvulaire, trouble de la cinétique segmentaire) objectivée par l'échocardiographie-Doppler ou l'IRM, associée à des pressions de remplissage intracardiaques élevées au repos ou à l'effort et/ou une élévation significative des peptides natriurétiques circulants (BNP ou NT-proBNP).
La Classification Phénotypique selon la Fraction d'Éjection (ESC) :
La mesure de la Fraction d'Éjection du Ventricule Gauche (FEVG) par méthode échocardiographique biplan de Simpson permet de scinder les patients en trois groupes phénotypiques majeurs aux profils étiologiques et thérapeutiques distincts :
Le Nouveau Concept de HFrecEF (Heart Failure with recovered Ejection Fraction) :
Les recommandations consacrent le phénotype d'insuffisance cardiaque avec fraction d'éjection récupérée (HFrecEF) : il s'agit de patients porteurs d'une HFrEF initiale documentée (FEVG ≤ 40 %) qui, sous l'effet d'une quadruple thérapie médicale optimale et d'une revascularisation précoce, normalisent ou améliorent leur FEVG au-delà de 40 à 50 %. Règle dogmatique de l'essai TRED-HF : L'amélioration de la FEVG ne signifie en aucun cas la guérison de la maladie ! L'arrêt ou la diminution des traitements neuro-hormonaux chez ces patients entraîne une rechute aiguë de la dysfonction ventriculaire gauche et une ré-hospitalisation dans plus de 45 % des cas en moins de 6 mois. Le traitement doit être poursuivi à vie à doses maximales tolérées !