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Cirrhose Hépatique & Complications Sévères

Hypertension Portale, Rupture de Varices, Ascite, ISLA & Scores de Child-Pugh / MELD (Directives EASL)

Dr. Soraya Ziane & Pr. Tarik Djelloul (Comité Pédagogique d'Hépato-Gastroentérologie Clinidexia) 48 min de lecture Mis à jour le 2026-03-01
Résumé de la fiche
La cirrhose hépatique représente le stade ultime commun d'évolution de l'ensemble des hépatopathies chroniques nécrosantes et inflammatoires. Elle est définie histologiquement par une désorganisation architecturale diffuse du foie associant une fibrose mutilante annulaire et des nodules hépatocytaires de régénération anormaux. Ses conséquences physiopathologiques s'articulent autour de deux syndromes majeurs : l'insuffisance hépatocellulaire et l'hypertension portale (gradient porto-cave > 10 mmHg). L'histoire naturelle de la maladie bascule lors du passage du stade de cirrhose compensée (survie médiane > 12 ans) au stade de cirrhose décompensée (survie médiane < 2 ans), marquée par l'émergence de complications aiguës menaçant le pronostic vital : ascite et infection spontanée du liquide d'ascite (ISLA), hémorragie digestive par rupture de varices œsophagiennes, encéphalopathie hépatique, syndrome hépato-rénal et cancérisation en carcinome hépatocellulaire (CHC). La stratification pronostique repose sur les scores de Child-Pugh et MELD, guidant les indications de transplantation hépatique.

1. Définition Histologique, Épidémiologie & Étiologies Complètes

La cirrhose hépatique est une entité anatomoclinique définie histologiquement par une altération diffuse et irréversible de l'architecture hépatique, caractérisée par la triade lésionnelle fondamentale :

  1. Nécrose hépatocytaire chronique : destruction continue des travées d'hépatocytes par un agent pathogène toxique, viral, métabolique ou immunologique persistant.
  2. Fibrose mutilante extensive : synthèse excessive et accumulation désordonnée de collagène de type I et III par les cellules étoilées périsinusoïdales hépatiques (cellules de Ito activées sous l'effet du TGF-β), formant d'épais septas fibreux cicatriciels reliant les espaces portes entre eux et les espaces portes aux veines centrolobulaires (fibrose annulaire centro-porte et porto-porte).
  3. Nodules de régénération anormaux : îlots circulaires d'hépatocytes en prolifération clonale anarchique, privés de toute vascularisation sinusoïdale physiologique normale, dénués de veine centrolobulaire fonctionnelle.

Épidémiologie et Fardeau Sanitaire :
La cirrhose est responsable de plus de 1,3 million de décès annuels à l'échelle mondiale. Elle représente la 11ème cause de mortalité globale chez l'adulte. En Europe et dans les pays du Maghreb, son épidémiologie subit une mutation profonde : si les causes alcooliques et virales (VHB, VHC) demeurent fréquentes, la stéatohépatite métabolique liée au diabète de type 2 et à l'obésité (MASH) connaît une ascension fulgurante, devenant la première cause émergente d'indication de greffe hépatique.

Étiologies Exhaustives de la Cirrhose Hépatique :

  • 1. Consommation Chronique Excessive d'Alcool (Hépatopathie Alcoolique - 50 à 60 % en Occident) :
    • Risque proportionnel à la dose cumulée ingérée : seuil toxique > 20 à 30 g d'alcool pur par jour chez la femme et > 30 à 40 g/jour chez l'homme pendant plus de 10 à 15 ans.
    Séquence histologique : Stéatose macro-vésiculaire réversible -> Stéato-hépatite alcoolique (infiltrat à PNN, nécrose ballonisante, corps de Mallory-Denk) -> Fibrose péricellulaire « en grillage à poule » -> Cirrhose micronodulaire (nodules < 3 mm).
    • Marqueurs biologiques évocateurs : rapport ASAT/ALAT > 2 (élévation prédominante des ASAT), gamma-GT très augmentées, macrocytose érythrocytaire (VGM > 100 fL sans anémie) et transferrine carboxy-déficiente (CDT) élevée.
  • 2. Hépatites Virales B, C et D Chroniques (25 à 30 %) :
    Virus de l'Hépatite B (VHB) : transmission parentérale, sexuelle et verticale périnatale majeure. Présence de l'antigène HBs depuis plus de 6 mois. Risque de cirrhose chez 15 à 25 % des porteurs chroniques avec charge virale ADN-VHB élevée. La co-infection ou surinfection par le Virus Delta (VHD) accélère de façon fulgurante la progression vers la cirrhose décompensée.
    Virus de l'Hépatite C (VHC) : transmission sanguine parentérale prédominante. Évolution vers la chronicité dans 70 à 80 % des cas, conduisant à la cirrhose chez 20 à 30 % des patients après 20 à 30 ans d'infection silencieuse. Révolution des antiviraux à action directe (AAD : Sofosbuvir, Velpatasvir) assurant la guérison virologique (RVS > 98 %) mais sans éliminer totalement le risque de carcinome hépatocellulaire si la cirrhose est déjà constituée.
  • 3. Stéatopathie Métabolique / Stéatohépatite Associée à une Dysfonction Métabolique (MASLD / MASH - ex-NASH) :
    • Liée à l'insulinorésistance, au diabète de type 2, à l'obésité viscérale et à la dyslipidémie athérogène. Accumulation hépatique de lipides toxiques induisant stress oxydatif, inflammation hépatocytaire et fibrose progressive. Première cause de cirrhose dite historiquement « cryptogénique ».
  • 4. Maladies Cholestatiques Chroniques Auto-Immunes :
    Cholangite Biliaire Primitive (CBP) : destruction auto-immune chronique progressive des petits canaux biliaires interlobulaires intrahépatiques. Touche préférentiellement la femme d'âge moyen (40-60 ans). Clinique : prurit précoce féroce, asthénie, ictère tardif, xanthomes et xanthélasmas. Biologie : cholestase anictérique (PAL et GGT élevées) et anticorps anti-mitochondries de type M2 (AAM) positifs à titre élevé (> 1/40) chez plus de 95 % des patientes. Traitement de fond : Acide Ursodésoxycholique (AUDC).
    Cholangite Sclérosante Primitive (CSP) : inflammation et fibrose oblitérante concentrique (« en bulbes d'oignon ») des voies biliaires intra- et extra-hépatiques. Touche l'homme jeune (sexe-ratio 2:1), associée dans 70 à 80 % des cas à une Maladie Inflammatoire Chronique de l'Intestin (Rectocolite Hémorragique RCH). Cholangio-IRM : alternance de sténoses et dilatations étagées caractéristiques « en chapelet ». Risque colossal de transformation en cholangiocarcinome.
  • 5. Hépatite Auto-Immune (HAI) :
    • Prédominance féminine nette, terrain HLA-DR3/DR4.
    • Biologie : hypergammaglobulinémie polyclonale majeure (> 20-30 g/L) prédominant sur les IgG, cytolyse chronique (transaminases 5 à 20x la normale), et auto-anticorps circulants : anti-muscle lisse de spécificité anti-actine et anti-nucléaires (HAI type 1), ou anti-LKM1 et anti-LC1 (HAI type 2 chez l'enfant). Traitement : corticothérapie par Prednisone et Azathioprine.
  • 6. Maladies Métaboliques et Génétiques Héréditaires :
    Hémochromatose Génétique Primitive de type 1 : mutation homozygote C282Y du gène HFE sur le chromosome 6p. Déficit de synthèse d'hepcidine entraînant une hyperabsorption digestive continue de fer. Se traduit par une ferritinémie > 1000 μg/L, un CST saturé > 45-50 %, et la triade classique tardive : mélanodermie « teint bronzé », diabète sucré « diabète bronzé » et cirrhose hépatique.
    Maladie de Wilson : mutation autosomique récessive du transporteur de cuivre ATP7B sur le chromosome 13. Accumulation toxique de cuivre dans le foie et les noyaux gris centraux. Diagnostic : céruléoplasmine sérique effondrée (< 0,20 g/L), cuprurie des 24h élevée (> 100 μg/24h), présence à l'examen à la lampe à fente de l'anneau péricornéen brun-verdâtre de Kayser-Fleischer, et manifestations neurologiques extrapyramidales (tremblement de repos et d'attitude, dysarthrie, dystonie).
    Déficit en Alpha-1-Antitrypsine : mutation du gène SERPINA1 (phénotype homozygote PiZZ), accumulant des polymères d'alpha-1-antitrypsine anormaux dans les hépatocytes (inclusions cytoplasmiques PAS-positives diastase-résistantes) associée à un emphysème pulmonaire pan-lobulaire précoce chez l'adulte jeune non fumeur.
  • 7. Maladies Vasculaires Hépatiques :
    Syndrome de Budd-Chiari : obstruction thrombotique des grosses veines sus-hépatiques ou de la veine cave inférieure sus-hépatique, le plus souvent secondaire à un syndrome myéloprolifératif occulte (mutation JAK2 V617F) ou à une thrombophilie constitutionnelle. Se traduit par une hépatomégalie douloureuse aiguë, une ascite réfractaire précoce et une atrophie des lobes hépatiques périphériques avec hypertrophie compensatrice majeure du segment I (lobe de Spigel).
La cirrhose associe nécrose, fibrose annulaire et nodules de régénération. Ses causes maîtresses sont l'alcool, les virus B/C et la MASH métabolique. Toujours traquer les causes curables : hémochromatose (CST > 45 %), Wilson (cuivre, Kayser-Fleischer), CBP (anti-mitochondries M2) et Budd-Chiari.

2. Physiopathologie des Deux Grands Syndromes : Insuffisance Hépatocellulaire & HTP

Toute la sémiologie et les complications de la cirrhose découlent de l'interaction de deux désordres physiopathologiques fondamentaux qui progressent parallèlement au fil des années : la perte progressive de la masse hépatocytaire fonctionnelle (Insuffisance Hépatocellulaire) et l'élévation critique des résistances vasculaires intra-hépatiques au flux sanguin portal (Hypertension Portale).

1. Le Syndrome d'Insuffisance Hépatocellulaire (IHC) :
Traduit l'incapacité globale des hépatocytes résiduels à assurer leurs trois fonctions physiologiques majeures : synthèse protéique, métabolisme épurateur et sécrétion biliaire :

  • Effondrement des synthèses protéiques hépatiques :
    Hypoalbuminémie (< 35 g/L, souvent < 25 g/L) : entraîne une chute de la pression oncotique intravasculaire, favorisant l'extravasation liquidienne vers les espaces interstitiels sous-cutanés (œdèmes bilatéraux des membres inférieurs blancs, mous, prenant le godet) et la cavité péritonéale (ascite).
    Déficit des facteurs de la coagulation : baisse du Taux de Prothrombine (TP < 70 %) et allongement de l'INR. Le foie synthétise l'ensemble des facteurs de la coagulation (sauf le facteur VIII et le facteur von Willebrand produits par l'endothélium).
    LE MARQUEUR BIOLOGIQUE CLEF DE LA FONCTION HÉPATIQUE : LE FACTEUR V (PROACCÉLÉRINE) : - Contrairement aux facteurs II, VII, IX et X qui sont vitamine K-dépendants (dont la baisse peut résulter d'une simple cholestase par défaut d'absorption des vitamines liposolubles sans insuffisance hépatique vraie), le Facteur V est NON dépendant de la vitamine K. - Une baisse du Facteur V (< 70 %) affirme de façon spécifique et indiscutable l'insuffisance de synthèse hépatocellulaire (test de Koller négatif : pas de remontée du TP après injection de vitamine K1 IV).
  • Signes cutanéo-phanériens d'imprégnation œstrogénique :
    • Le foie défaillant n'assure plus la dégradation métabolique et la clairance des œstrogènes circulants : - Les Angiomes Stellaires : dilatations artériolaires sous-cutanées centrifuges caractéristiques, rouges, battantes à la vitropression, siégeant électivement sur le territoire de la veine cave supérieure (visage, décolleté, cou, membres supérieurs, dos des mains). Critère de significativité : présence de plus de 5 angiomes stellaires. - L'Érythrose palmaire : coloration rouge vif marbrée des éminences thénar et hypothénar, chaude au toucher. - Anomalies unguéales : ongles blancs de Terry (perte de la lunule, lit de l'ongle décoloré blanc porcelainé), leuconychie en bandes transversales, hippocratisme digital.
  • Dérégulation de l'axe gonadotrope :
    • Chez l'homme : hypogonadisme franc avec atrophie testiculaire bilatérale indolore, dépilation androïde (disparition de la pilosité pubienne en losange qui prend une disposition triangulaire féminine, chute des poils axillaires et pectoraux), gynécomastie vraie uni- ou bilatérale douloureuse centrée par un bourgeon rétro-aréolaire, baisse majeure de la libido et impuissance érectile complète.
    • Chez la femme : spanioménorrhée précoce puis aménorrhée secondaire anovulatoire définitive, atrophie mammaire et stérilité.
  • Défaut d'épuration de la bilirubine :
    • Accumulation tissulaire de bilirubine conjuguée et non conjuguée, conduisant à un ictère cutanéo-muqueux conjonctival puis généralisé jaune franc ou verdâtre, avec urines foncées couleur bière brune et selles décolorées mastic.
  • Signes neurologiques et métaboliques :
    Fœtor hepaticus : odeur caractéristique de l'haleine, douceâtre, fétide, rappelant la pomme pourrie ou la paille humide, liée à l'élimination pulmonaire de mercaptans et de diméthylsulfure volatils non épurés par le système porte.

2. Le Syndrome d'Hypertension Portale (HTP) :
Le système veineux porte draine la totalité du sang veineux provenant du tube digestif intrapéritonéal (grêle, côlon, estomac), de la rate et du pancréas vers les sinusoïdes hépatiques.

  • Définition hémodynamique formelle : le Gradient de Pression Veineuse Hépatique (GPVH), mesuré par cathétérisme des veines sus-hépatiques (différence entre la pression bloquée au ballonnet et la pression libre), est physiologiquement compris entre 1 et 5 mmHg. L'hypertension portale est définie dès que le GPVH dépasse 5 mmHg. Elle devient cliniquement significative dès que le GPVH atteint ou dépasse 10 mmHg (apparition des varices œsophagiennes et de l'ascite). Le risque de rupture hémorragique des varices survient au-delà de 12 mmHg.
  • Physiopathologie à double composante (Résistance et Débit) :
    1. Augmentation des résistances intra-hépatiques (Facteur mécanique initial) : la compression et la distorsion anatomique des micro-vaisseaux sinusoïdaux par les bandes de fibrose collagène et les nodules de régénération créent un obstacle mécanique rigide majeur à l'écoulement du sang portal. S'y ajoute une composante dynamique réversible liée à la contraction active des myofibroblastes stellaires induite par le déficit local en oxyde nitrique (NO) endothélial.
    2. Hyperdébit splanchnique et vasodilation artériolaire (Facteur d'entretien) : en réponse à l'hypertension veineuse, les cellules endothéliales vasculaires de l'aire splanchnique surproduisent massivement des médiateurs vasodilatateurs locaux, au premier rang desquels le NO (oxyde nitrique) et le VEGF. Il s'ensuit une vasodilatation artériolaire splanchnique monstrueuse qui augmente massivement l'afflux de sang artériel vers le réseau portal (« hyperdébit portal hyperdynamique »), entretenant et aggravant continuellement l'HTP.
  • Conséquences Cliniques Majeures de l'Hypertension Portale :
    1. Le Développement des Dérivations Porto-Caves Veineuses Spontanées : le sang portal sous pression cherche des voies de dérivation à basse pression vers le réseau cave : - Voie gastro-œsophagienne supérieure : le sang remonte par la veine coronaire stomachique (veine gastrique gauche) et les veines gastriques courtes vers les veines œsophagiennes inférieures qui se drainent dans le système azygos puis la veine cave supérieure. Cette hyperpression dilate les plexus sous-muqueux œsophagiens, formant les Varices Œsophagiennes (VO) et Varices Cardio-Tubérositaires (VCT) prêtes à se rompre sous la muqueuse digestive amincie ! - Voie ombilicale antérieure : reperméabilisation de la veine ombilicale embryonnaire dans le ligament rond, reliant la branche gauche de la veine porte au réseau veineux sous-cutané de la paroi abdominale, formant la circulation veineuse collatérale abdominale sous-cutanée de type tête de Méduse péri-ombilicale à flux sanguin centrifuge divergent vers le haut et le bas. - Voie rectale inférieure : anastomoses entre les veines hémorroïdaires supérieures (système porte) et moyennes/inférieures (système cave interne), formant des varices hémorroïdaires.
    2. La Splénomégalie d'Hypertension Portale et l'Hypersplénisme : la stase veineuse rétrograde dans la veine splénique provoque une volumineuse splénomégalie congestive ferme, débordant le rebord costal gauche. La rate hypertrophiée devient hyperactive et piège de façon disproportionnée les éléments figurés du sang (Hypersplénisme hématologique), se traduisant par une Thrombopénie modérée à sévère (< 100 000 à 50 000 /mm³) constante chez le cirrhotique, et une leucopénie relative.
    3. La Gastropathie d'Hypertension Portale : muqueuse gastrique fundique érythémateuse congestive d'aspect en « peau de serpent » ou en « mosaïque », pouvant être responsable de saignements occultes chroniques insidieux.
Le Facteur V est le marqueur de choix de l'insuffisance hépatocellulaire car non dépendant de la vitamine K. L'hypertension portale est cliniquement significative dès que le gradient porto-cave atteint 10 mmHg (varices) et le risque de rupture hémorragique explose dès 12 mmHg.

3. Évaluation Pronostique Standardisée : Scores de Child-Pugh & MELD

L'évaluation de la gravité d'une cirrhose ne repose pas sur des critères anatomopathologiques, mais sur des scores pronostiques clinico-biologiques multiparamétriques validés mondialement. Ils permettent de stratifier le risque de mortalité à court et moyen terme, d'orienter la décision chirurgicale et de prioriser les patients sur la liste nationale d'attente de transplantation hépatique.

1. La Classification Pronostique de Child-Pugh (Child-Turcotte-Pugh - CTP) :
Historiquement développée par Child et Turcotte pour évaluer le risque opératoire des shunts chirurgicaux porto-caves, puis modifiée par Pugh en remplaçant l'état nutritionnel subjectif par le Taux de Prothrombine (TP). Le score agrège cinq variables (2 cliniques et 3 biologiques), chacune cotée de 1 à 3 points :

Détail des 5 Paramètres du Score de Child-Pugh :

  • 1. Encéphalopathie Hépatique :
    • 1 point : Absente (stade 0).
    • 2 points : Stades I et II (confusion légère, troubles du sommeil, astérixis débutant).
    • 3 points : Stades III et IV (confusion sévère, somnolence profonde, coma hépatique).
  • 2. Ascite :
    • 1 point : Absente (cliniquement et échographiquement).
    • 2 points : Minime à modérée (répondant facilement aux faibles doses de diurétiques).
    • 3 points : Abondante, tendue ou réfractaire aux diurétiques.
  • 3. Bilirubine Totale Sérique :
    • 1 point : < 35 μmol/L (soit < 20 mg/L).
    • 2 points : 35 à 50 μmol/L (20 à 30 mg/L).
    • 3 points : > 50 μmol/L (> 30 mg/L).
    *(Remarque : dans les maladies cholestatiques chroniques comme la CBP et la CSP, les seuils sont adaptés : 1 pt si < 70 μmol/L, 2 pts si 70-170, 3 pts si > 170 μmol/L).*
  • 4. Albuminémie Sérique :
    • 1 point : > 35 g/L.
    • 2 points : 28 à 35 g/L.
    • 3 points : < 28 g/L.
  • 5. Taux de Prothrombine (TP) ou INR :
    • 1 point : TP > 70 % (ou INR < 1,7).
    • 2 points : TP de 40 à 70 % (ou INR 1,7 à 2,2).
    • 3 points : TP < 40 % (ou INR > 2,2).

Interprétation des Classes Pronostiques de Child-Pugh :
L'addition des points des 5 critères définit trois classes évolutives majeures (score total compris entre 5 et 15 points) :

  • Classe A (5 à 6 points) : Cirrhose Compensée : excellente fonction hépatique résiduelle. Mortalité péri-opératoire faible (< 10 %). Survie globale à 1 an de 100 % et à 2 ans de 85 %.
  • Classe B (7 à 9 points) : Cirrhose Décompensée / Altération Fonctionnelle Modérée : tournant évolutif de la maladie. Risque chirurgical majeur. Survie à 1 an de 80 % et à 2 ans de 60 %. Indication à l'évaluation pour transplantation hépatique.
  • Classe C (10 à 15 points) : Cirrhose Sévèrement Décompensée / Insuffisance Hépatique Terminale : pronostic vital extrêmement précaire. Toute chirurgie abdominale non vitale est formellement contre-indiquée (mortalité postopératoire > 80 %). Survie globale à 1 an inférieure à 45 % et à 2 ans inférieure à 35 %. Indication formelle prioritaire à la transplantation hépatique en urgence.

2. Le Score MELD (Model for End-Stage Liver Disease) :
Initialement créé pour prédire la survie après pose d'un TIPS, le score MELD est devenu le système de référence international exclusif pour l'attribution des greffons hépatiques.

  • Avantages indiscutables sur le Child-Pugh : il élimine toute subjectivité clinique (l'ascite et l'encéphalopathie étant dépendantes de l'appréciation du médecin et fluctuantes sous traitement). Le MELD repose sur une formule mathématique logarithmique continue rigoureuse intégrant trois variables biologiques objectives mesurables au laboratoire : la Créatininémie sérique (témoin de la fonction rénale), la Bilirubine totale et l'INR.
  • Score MELD-Na contemporain : intègre également la Natrémie (l'hyponatrémie étant un marqueur indépendant puissant de vasodilatation splanchnique sévère et de surmortalité).
  • Échelle continue de 6 à 40 points :
    • MELD < 10 : mortalité à 3 mois < 2 %.
    • MELD 20 à 29 : mortalité à 3 mois de 20 %.
    • MELD ≥ 40 : mortalité à 3 mois supérieure à 70-80 % en l'absence de greffe immédiate.
Le score de Child-Pugh (5-15 points) classe la cirrhose en A (compensée), B (décompensée) et C (terminale). Le score MELD (fondé sur Créatinine, Bilirubine, INR et Sodium) régit mondialement les priorités absolues de transplantation hépatique sans subjectivité.
Classe de Child-PughScore Total de PointsStade Évolutif CliniqueSurvie Globale à 1 AnSurvie Globale à 2 Ans
Classe A5 à 6 pointsCirrhose Compensée (absence d'ascite et d'encéphalopathie)100 %85 %
Classe B7 à 9 pointsCirrhose Décompensée (altération fonctionnelle hépatique)80 %60 %
Classe C10 à 15 pointsInsuffisance Hépatique Terminale (décompensation sévère)45 %35 % (Urgence Transplantation)

4. Complications Péritonéales : Ascite, Paracentèse & Urgence de l'ISLA

L'ascite est la complication inaugurale la plus fréquente de la cirrhose hépatique, survenant chez plus de 50 à 60 % des patients dans les 10 ans suivant le diagnostic. Elle signe l'entrée irréversible dans la phase de cirrhose décompensée.

1. Physiopathologie de la Formation de l'Ascite :
Elle obéit à la théorie de la vasodilatation artériolaire périphérique et splanchnique :

  1. L'hypertension portale stimule la libération endothéliale massive d'oxyde nitrique (NO) dans la circulation splanchnique.
  2. La vasodilatation artériolaire splanchnique majeure induit une séquestration sanguine volumineuse, provoquant une hypovolémie artérielle efficace ressentie par les barorécepteurs artériels comme un état d'hémorragie aiguë.
  3. Activation neuro-humorale compensatrice réflexe puissante et permanente : suractivation du Système Rénine-Angiotensine-Aldostérone (SRAA), du système nerveux sympathique et hypersécrétion d'hormone antidiurétique (ADH).
  4. Rétention rénale hydrosodée massive et permanente (l'aldostérone réabsorbe tout le sodium tubulaire, et l'ADH réabsorbe l'eau libre).
  5. La conjonction de l'hyperpression hydrostatique dans les capillaires sinusoïdaux portes et de la chute de la pression oncotique plasmatique (hypoalbuminémie) dépasse les capacités de drainage des vaisseaux lymphatiques hépatiques : le liquide transsude massivement à travers la capsule de Glisson et le péritoine dans la cavité abdominale.

2. La Ponction d'Ascite Exploratrice (Paracentèse) : RÈGLE D'OR ABSOLUE :
TOUTE PREMIÈRE POUSSÉE D'ASCITE, TOUTE HOSPITALISATION D'UN CIRRHOTIQUE ASCITIQUE ET TOUTE DÉCOMPENSATION INEXPLIQUÉE IMPOSENT LA RÉALISATION IMMÉDIATE D'UNE PONCTION D'ASCITE EXPLORATRICE ! Même en l'absence totale de fièvre ou de douleur abdominale, et quel que soit le niveau du TP ou des plaquettes (la ponction d'ascite ne requiert aucune transfusion préalable de plasma frais congelé ou de plaquettes) !

  • Technique : réalisée au lit du patient, en décubitus dorsal, vessie vide, asepsie chirurgicale stricte, dans la fosse iliaque gauche à la jonction du tiers externe et des deux tiers internes de la ligne reliant l'ombilic à l'épine iliaque antéro-supérieure gauche (en dehors de l'artère épigastrique et loin du cæcum dilaté à droite).
  • Analyses systématiques obligatoires du liquide d'ascite :
    Analyse biochimique : dosage des protides totaux (l'ascite cirrhotique non compliquée est un transsudat pauvre en protéines < 25 g/L, souvent < 15 g/L) et calcul du Gradient Sérum-Ascite d'Albumine (GSAA = Albumine sérique - Albumine de l'ascite). Un GSAA ≥ 11 g/L (soit ≥ 1,1 g/dL) affirme avec une précision de 97 % que l'ascite est liée à une Hypertension Portale (cirrhose, insuffisance cardiaque), alors qu'un GSAA < 11 g/L oriente vers une cause péritonéale (carcinose péritonéale, tuberculose péritonéale, néphropathie).
    Analyse cytologique quantitative d'extrême urgence : comptage absolu des hématies et des leucocytes avec numération précise des Polynucléaires Neutrophiles (PNN / mm³).
    Analyse bactériologique : examen direct au Gram et ensemencement immédiat au lit du malade de 10 mL de liquide d'ascite directement dans des flacons d'hémocultures aérobie et anaérobie (multiplie la positivité des cultures de 40 % à plus de 80-90 %).

3. L'Infection Spontanée du Liquide d'Ascite (ISLA / Péritonite Bactérienne Spontanée) :
Complication infectieuse la plus fréquente et la plus meurtrière de la cirrhose (mortalité hospitalière de 20 à 30 %). Elle résulte d'une translocation bactérienne : les bactéries de la flore intestinale endogène (principalement des bacilles Gram négatif entériques : Escherichia coli dans 60-70 % des cas, Klebsiella pneumoniae, ou streptocoques/entérocoques) franchissent la barrière muqueuse intestinale altérée, gagnent les ganglions mésentériques, disséminent par voie hématogène bactériémique et colonisent le liquide d'ascite dont les défenses opsonisantes sont effondrées lorsque les protides sont < 15 g/L.

  • Présentation clinique trompeuse : chez le cirrhotique immunodéprimé, l'ISLA est asymptomatique ou paucisymptomatique dans plus d'un tiers des cas ! Fièvre inconstante ou simple hypothermie, douleurs abdominales diffuses modérées, diarrhée motrice, iléus réflexe, ou révélation par une complication indirecte : survenue brutale d'une encéphalopathie hépatique inexpliquée, aggravation brutale d'une insuffisance rénale aiguë ou rupture de varices œsophagiennes.
  • LE CRITÈRE DIAGNOSTIQUE DE CERTITUDE FORMEL ABSOLU :
    Le diagnostic d'ISLA est affirmé sans délai dès que le TAUX DE POLYNUCLÉAIRES NEUTROPHILES (PNN) DANS LE LIQUIDE D'ASCITE EST ≥ 250 / mm³ (soit ≥ 0,25 x 10⁹/L), indépendamment du résultat de la culture bactériologique (qui peut être stérile dans 40 % des cas : neutro-ascite) !
  • PROTOCOLE THÉRAPEUTIQUE D'URGENCE DE L'ISLA (DEUX VOLETS INDISSOCIABLES) :
    1. Antibiothérapie intraveineuse probabiliste d'extrême urgence : initiée dès le résultat de la cytologie ≥ 250 PNN/mm³, sans attendre la culture : Céfotaxime (Claforan 2 g x 3/jour IV) ou Ceftriaxone (Rocéphine 1 à 2 g/jour IV) pendant une durée de 5 à 7 jours (ou Amoxicilline-Acide clavulanique IV). Réaliser une ponction d'ascite de contrôle à 48 heures de traitement : la baisse d'au moins 50 % du chiffre initial de PNN affirme l'efficacité microbiologique.
    2. Perfusion d'ALBUMINE À 20 % OBLIGATOIRE (Prévention du Syndrome Hépato-Rénal) : - L'ISLA déclenche une vasodilatation systémique massive précipitant un syndrome hépato-rénal mortel dans 30 % des cas. L'administration d'albumine est un standard de soins indiscutable (protocole de Sort) : - 1,5 g/kg de poids corporel d'albumine à 20 % dans les 6 premières heures suivant le diagnostic, relayé par 1,0 g/kg à J3. - Cette perfusion réduit l'incidence de l'insuffisance rénale aiguë de 33 % à 10 % et divise la mortalité par trois !
    3. Antibioprophylaxie secondaire au long cours : après guérison du premier épisode d'ISLA, le risque de récidive est de 70 % à 1 an. Prescription systématique d'une prophylaxie quotidienne définitive par Norfloxacine (400 mg/jour per os) ou Cotrimoxazole (Bactrim) jusqu'à la disparition durable de l'ascite ou la greffe hépatique.

4. Traitement Médical de l'Ascite Non Compliquée & Ascite Réfractaire :

  • Prise en charge de première intention :
    • Régime modérément hyposodé (4 à 6 g de sel de table/jour, soit 80 à 100 mmol de Na/j). Les régimes sans sel stricts sont proscrits car ils aggravent la dénutrition protéino-énergétique et précipitent l'hyponatrémie. Pas de restriction hydrique sauf si natrémie plasmatique < 125 mmol/L.
    Diurétiques séquentiels gradués : Spironolactone (Aldactone) en première intention (anti-aldostérone) débutée à 75-100 mg/j, augmentée par paliers hebdomadaires jusqu'à 400 mg/j si besoin. Si la réponse est insuffisante, associer le Furosémide (Lasilix) débuté à 20-40 mg/j (maximum 160 mg/j). Objectif d'amaigrissement : perte de 0,5 kg/jour (si ascite isolée) à 1 kg/jour (si œdèmes périphériques associés), sous surveillance stricte de la créatininémie, du sodium et du potassium (risque d'encéphalopathie hépatique induite par l'hypokaliémie et l'alcalose métabolique).
  • L'Ascite Réfractaire : ascite ne pouvant être éliminée ou dont la récidive précoce ne peut être prévenue par le traitement médical maximal bien conduit (400 mg spironolactone + 160 mg furosémide), ou survenue d'effets secondaires induits par les diurétiques interdisant leur augmentation (insuffisance rénale, hyponatrémie < 125, encéphalopathie).
    Traitement de base : Ponctions d'ascite évacuatrices de grand volume (LVP) répétées toutes les 2 à 3 semaines.
    RÈGLE DE SÉCURITÉ ABSOLUE : COMPENSATION VOLÉMIQUE PAR L'ALBUMINE : pour toute paracentèse évacuant plus de 5 litres d'ascite, il est FORMELLEMENT OBLIGATOIRE DE PERFUSER DE L'ALBUMINE CONCENTRÉE À 20 % À RAISON DE 8 GRAMMES D'ALBUMINE PAR LITRE D'ASCITE ÉVACUÉ (soit 1 flacon de 100 mL d'albumine à 20 % = 20 g pour chaque tranche de 2,5 à 3 litres d'ascite prélevée) afin de prévenir le dysfonctionnement circulatoire post-paracentèse (PICD) qui déclenche un collapsus et une insuffisance rénale aiguë fatale !
    Traitement de seconde intention : pose d'un TIPS (Shunt Porto-Systémique Intrahépatique par voie Transjugulaire) : prothèse métallique couverte déployée entre une branche de la veine porte et une veine sus-hépatique sous guidage radiologique interventionnel. Réduit drastiquement l'hypertension portale et tarit l'ascite, mais au prix d'un risque élevé d'encéphalopathie hépatique par shunt direct (contre-indiqué si Child-Pugh > 12, MELD > 18, antécédent d'encéphalopathie sévère récidivante ou insuffisance cardiaque droite).
Axiome d'urgence : Ponction d'ascite systématique à chaque admission ! Si PNN ≥ 250 /mm³ -> Céfotaxime IV + ALBUMINE 20% à J1 (1,5 g/kg) et J3 (1 g/kg) OBLIGATOIRE pour éviter le syndrome hépato-rénal fatal !
Situation Clinique PéritonéaleCritère Diagnostique Biologique CléTraitement Immédiat de RéférenceComplication Majeure Redoutée
Ascite Cirrhotique Non CompliquéeGSAA ≥ 11 g/L (HTP) et PNN < 250 /mm³, Protides < 25 g/LRégime sodé 4-6 g/j + Spironolactone (100-400 mg/j) ± FurosémideDéshydratation, hyponatrémie et encéphalopathie par surdosage de diurétiques
Infection Spontanée du Liquide d'Ascite (ISLA)PNN DANS L'ASCITE ≥ 250 /mm³ (quelle que soit la bactériologie)CÉFOTAXIME IV (ou Ceftriaxone) + ALBUMINE 20% (1,5 g/kg J1, 1 g/kg J3)Syndrome hépato-rénal mortel dans 30% des cas sans albumine
Ascite Réfractaire aux DiurétiquesÉchec des doses maximales ou intolérance diurétique majeurePonctions évacuatrices itératives avec ALBUMINE 8 g / Litre retiré (> 5L)Dysfonctionnement circulatoire post-paracentèse (PICD) avec collapsus

5. Urgence Vitale Absolue : Rupture de Varices Œsophagiennes (VO)

L'hémorragie digestive haute par rupture de varices œsophagiennes (VO) ou cardio-tubérositaires (VCT) est l'urgence médico-chirurgicale la plus dramatique de la gastro-entérologie. Elle complique l'évolution de 25 à 35 % des patients cirrhotiques. Malgré les progrès récents de la réanimation et de l'hémostase endoscopique, chaque épisode hémorragique reste grevé d'une mortalité intrahospitalière à 6 semaines de 15 à 20 %.

Physiopathologie de la Rupture :
La rupture variqueuse survient lorsque la tension pariétale de la varice dépasse la résistance élastique de sa paroi selon la loi de Laplace (Tension = [Pression intra-variqueuse - Pression luminale œsophagienne] x Rayon de la varice / Épaisseur pariétale). Trois facteurs majeurs précipitent la rupture : un gradient de pression porto-cave GPVH ≥ 12 mmHg, une varice de gros calibre (Grade II ou III) et la présence de signes rouges pariétaux (télangiectasies rouges ou hématomes sous-muqueux marquant une paroi très amincie au bord de l'explosion).

Tableau Clinique d'Urgence :
Hématémèse foudroyante de sang rouge vif abondant avec caillots, et/ou méléna fétide noir goudronneux, accompagnée d'un état de choc hémorragique hypovolémique (tachycardie filante, hypotension artérielle, sueurs profuses, marbrures, oligurie, angoisse avec agitation ou obnubilation). Règle absolue : Toute hématémèse ou méléna chez un cirrhotique est une rupture de varices jusqu'à preuve endoscopique formelle du contraire !

Protocole Thérapeutique d'Urgence en Unité de Soins Intensifs (5 Volets Coordonnés) :

  1. 1. Réanimation Hémodynamique Prudente & Stratégie Transfusionnelle Restrictive :
    • Pose immédiate de deux voies veineuses de gros calibre (14 ou 16G) ou d'un cathéter veineux central.
    • Remplissage vasculaire par cristalloïdes isotoniques (NaCl 0,9 %) pour maintenir une pression artérielle systolique de sécurité autour de 90-100 mmHg.
    STRATÉGIE TRANSFUSIONNELLE RESTRICTIVE IMPÉRATIVE : CIBLE D'HÉMOGLOBINE STRICTE ENTRE 7 ET 8 g/dL (Culots Globulaires CGR phénotypés).
    Justification vitale (Essai de Villanueva) : une sur-transfusion avec un objectif d'Hb > 9-10 g/dL provoque une expansion volémique brutale qui fait exploser la pression dans le réseau porte, déloge le clou hémostatique fibrino-plaquettaire en formation et déclenche une récidive hémorragique cataclysmique incontrôlable !
  2. 2. Traitement Médical Vasoactif Splanchnique Immédiat :
    DOIT ÊTRE DÉBUTÉ IMMÉDIATEMENT DÈS LA SUSPICION CLINIQUE, AVANT MÊME LE TRANSFERT EN ENDOSCOPIE !
    Molécules de référence : - Terlipressine (Glypressine) : analogue synthétique de la vasopressine à libération lente. Bolus intraveineux initial de 2 mg IV, puis 1 à 2 mg toutes les 4 heures pendant 2 à 5 jours. Induit une vasoconstriction puissante et sélective du lit artériel mésentérique, provoquant un effondrement immédiat du flux portal et de la pression intra-variqueuse. (Précautions : surveillance ECG en raison du risque de vasoconstriction coronarienne chez le coronarien). - Somatostatine ou Octréotide (Sandostatine) : alternative de choix en perfusion IV continue (Octréotide 50 μg en bolus puis 50 μg/heure au PSE) pendant 5 jours.
  3. 3. Antibioprophylaxie Systématique Obligatoire :
    Ceftriaxone intraveineuse (1 g/24h IV) pendant 7 jours (ou Ciprofloxacine orale).
    Justification majeure : plus de 30 à 50 % des cirrhotiques saignants développent une infection bactérienne sévère (ISLA, pneumonie d'inhalation, bactériémie). L'antibioprophylaxie réduit le risque infectieux, diminue le taux de récidive hémorragique précoce et augmente significativement la survie globale !
  4. 4. Endoscopie Œso-Gastro-Duodénale (FOGD) Diagnostique et Thérapeutique en Urgence :
    • Réalisée dès la stabilisation hémodynamique obtenue, dans un délai maximal de 12 heures suivant l'admission. Protection des voies aériennes par intubation orotrachéale préalable obligatoire chez les patients agités, encéphalopathes ou saignants abondamment pour prévenir l'inhalation bronchique de sang.
    • Administration préalable d'Érythromycine IV (250 mg en perfusion de 20 min 30 à 60 minutes avant la FOGD) : agoniste puissant des récepteurs de la motiline qui vidange totalement l'estomac des caillots sanguins, garantissant une visualisation endoscopique optimale.
    Geste hémostatique de référence : La Ligature Élastique des Varices Œsophagiennes (LEVO) : consiste à aspirer le cordon variqueux saignant dans un capuchon monté à l'extrémité de l'endoscope et à larguer un anneau élastique qui étrangle la varice, provoquant son ischémie, sa thrombose et son élimination nécrotique en quelques jours. Supérieure à la sclérothérapie en termes d'efficacité hémostatique et de tolérance (moins d'ulcérations et de sténoses).
    Cas des Varices Cardio-Tubérositaires gastriques (VCT / GOV2 / IGV1) : la ligature est inefficace. Le geste de choix est l'encollage endoscopique par injection intra-variqueuse de colle biologique (N-butyl-2-cyanoacrylate / Histoacryl) polymérisant instantanément au contact du sang.
  5. 5. Conduite à Tenir en Cas d'Échec de l'Hémostase Endoscopique ou d'Hémorragie Massive :
    Tamponnement hémostatique par Sonde à ballonnets de Sengstaken-Blakemore : introduction d'une sonde naso-gastrique dotée d'un ballonnet gastrique (gonflé à 200-250 mL d'air et mis en traction douce sur le cardia) et d'un ballonnet œsophagien gonflé sous contrôle manométrique (30-40 mmHg). Mesure de sauvetage temporaire d'extrême urgence, plafonnée à 24 heures au maximum sous peine de nécrose ischémique œsophagienne !
    Le TIPS Précoce (« Preemptive TIPS » sous 24 à 72 heures) : indiqué d'emblée chez les patients à très haut risque d'échec ou de récidive : patients Child-Pugh C (score 10-13) ou Child-Pugh B avec saignement actif lors de l'endoscopie initiale. Réduit drastiquement la mortalité à 1 an de plus de 50 % !

6. Prévention Primaire et Secondaire des Hémorragies Variqueuses :

  • Prévention primaire (Patient n'ayant jamais saigné mais porteur de grosses VO Grade II/III ou avec signes rouges) :
    • Deux options d'efficacité équivalente : Bêtabloquants non cardiosélectifs (Propranolol 40 à 160 mg/j, Nadolol ou Carvédilol 6,25 à 12,5 mg/j) titrés pour obtenir une fréquence cardiaque de repos entre 55 et 60 bpm (bloquent les récepteurs β1 cardiaques diminuant le débit cardiaque et les récepteurs β2 vasculaires induisant une vasoconstriction splanchnique réflexe) OU séances programmées de Ligature élastique des VO jusqu'à éradication complète.
  • Prévention secondaire (Après un premier épisode hémorragique) :
    ASSOCIATION SYNERGIQUE OBLIGATOIRE : Bêtabloquants non cardiosélectifs + Séances répétées de Ligature élastique des VO toutes les 2 à 4 semaines jusqu'à éradication complète de tous les cordons variqueux, puis surveillance endoscopique à 3 mois, 6 mois et annuelle.
Urgence hémorragique hépatique : 1. Vasoactif IV (Terlipressine) immédiatement dès l'arrivée + 2. Ceftriaxone 1g/j + 3. Transfusion restrictive (cible Hb 7-8 g/dL) + 4. Ligature élastique sous 12h. Prévention secondaire = Bêtabloquants + Ligatures jusqu'à éradication.

6. Encéphalopathie Hépatique & Syndrome Hépato-Rénal (SHR)

L'encéphalopathie hépatique et le syndrome hépato-rénal représentent deux défaillances systémiques d'organes majeurs survenant au stade avancé de la cirrhose, témoignant d'une faillite métabolique et circulatoire profonde.

1. L'Encéphalopathie Hépatique (EH) :
Désordre neuropsychiatrique complexe, potentiellement réversible, caractérisé par une altération globale des fonctions cognitives, du comportement, de la coordination motrice et de la vigilance :

  • Physiopathologie Moléculaire :
    • Le primum movens est l'accumulation sanguine de l'Ammoniac (NH3) produit par le catabolisme bactérien des protéines alimentaires dans la lumière colique.
    • Chez le cirrhotique, le foie défaillant ne peut plus transformer l'ammoniac en urée dans le cycle de l'uréogenèse. De plus, le sang portal contourne le foie via les volumineuses dérivations porto-systémiques spontanées ou chirurgicales (TIPS).
    • Le NH3 libre traverse la barrière hémato-encéphalique et pénètre dans les astrocytes cérébraux. L'enzyme glutamine synthétase astrocitaire condense l'ammoniac et le glutamate pour former de la glutamine. L'accumulation intracellulaire de glutamine, molécule hautement osmotique, induit un œdème astrocytaire cytotoxique diffus, une dysfonction astrocytaire et une transmission neuro-inhibitrice anormale sur les récepteurs GABA-A / benzodiazépines.
  • Les 4 Stades Cliniques de West Haven :
    Stade 1 : Inversion du rythme nycthéméral (somnolence le jour, insomnie agitée la nuit), troubles légers de l'attention, difficultés au calcul mental, euphorie ou apathie discrète, ralentissement de l'écriture (dysgraphie).
    Stade 2 : Léthargie, désorientation temporale, somnolence, ralentissement psychomoteur marqué, comportement inapproprié, et apparition du signe physique pathognomonique : l'Astérixis ou Flapping Tremor (mouvements saccadés brusques, involontaires et rythmés de chute brève du tonus des mains lors du maintien d'attitude des bras tendus en dorsiflexion des poignets et doigts écartés).
    Stade 3 : Somnolence majeure, confusion mentale sévère, désorientation temporo-spatiale totale, obnubilation avec propos incohérents, délire, hyperréflexie tendineuse et signe de Babinski bilatéral possible. L'astérixis est encore déclenchable mais difficile à tester.
    Stade 4 : Coma Hépatique vrai : coma calme, hypotonique ou hypertonique avec décérébration, aréactif aux stimuli, mydriase ou myosis, sans signe de focalisation neurologique unilatéral.
  • Recherche et Traitement Obligatoire du Facteur Déclenchant (Présent dans > 85 % des cas) :
    Hémorragie digestive haute : le sang déversé dans le tube digestif constitue une charge protidique massive dégradée en ammoniac par les bactéries coliques.
    Infection bactérienne intercurrente : ISLA, pneumonie, infection urinaire (les cytokines pro-inflammatoires augmentent la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique au NH3).
    Déshydratation, hypokaliémie et alcalose métabolique induites par les diurétiques (l'hypokaliémie stimule la production d'ammoniac par les cellules tubulaires rénales).
    Constipation opiniâtre prolongeant la stase stercorale bactérienne colique.
    Prise médicamenteuse sédative : benzodiazépines, hypnotiques, morphiniques.
  • Traitement Médical Standardisé de l'EH :
    Lactulose (Duphalac) : Première Ligne Indiscutable : disaccharide de synthèse non absorbable (15 à 30 mL 3 à 4 fois par jour per os ou par sonde nasogastrique, ou en lavements de 300 mL dilués dans du sérum salé). Fermenté par la flore colique en acides gras volatils, il acidifie le contenu colique (pH < 5), convertissant l'ammoniac diffusible NH3 en ions ammonium insolubles NH4+ qui ne traversent pas la muqueuse et sont évacués dans les selles. Objectif thérapeutique précis : obtenir 2 à 3 selles molles par jour (sans induire de diarrhée profuse déshydratante !).
    Rifaximine (Normix 550 mg x 2/jour) : antibiotique à large spectre non absorbable ciblant la flore colique productrice d'uréase. Associée au lactulose en cas d'épisodes récidivants, réduisant de 50 % les réadmissions hospitalières pour encéphalopathie.

2. Le Syndrome Hépato-Rénal (SHR) :
Complication rénale terminale foudroyante de la cirrhose décompensée, représentant l'archétype de l'insuffisance rénale fonctionnelle réfractaire :

  • Physiopathologie : la vasodilatation artériolaire splanchnique extrême et l'hypovolémie efficace déclenchent une hyperactivation adrénergique et rénine-angiotensine monstrueuse qui induit une vasoconstriction corticale rénale féroce et prolongée. Le débit de filtration glomérulaire s'effondre alors que le parenchyme rénal est histologiquement intact ! (Le rein d'un patient décédé de SHR greffé chez un receveur non cirrhotique reprend instantanément une fonction normale !).
  • Critères Diagnostiques Internationaux Modernes de l'ICA-AKI (Critères ICA 2015) :
    • Diagnostic de cirrhose avec ascite.
    • Diagnostic d'insuffisance rénale aiguë (élévation de la créatininémie ≥ 26,5 μmol/L [0,3 mg/dL] en 48h ou ≥ 50 % par rapport à la valeur de base).
    Absence de toute amélioration de la fonction rénale après au moins 48 heures consécutives d'arrêt des diurétiques et d'expansion volémique complète par perfusion d'ALBUMINE À 20 % (1 g/kg/jour, max 100 g/j).
    • Absence d'état de choc septique ou cardiogénique.
    • Absence d'exposition récente à des médicaments néphrotoxiques (AINS, aminosides, produits de contraste iodés).
    • Absence d'atteinte rénale organique parenchymateuse (protéinurie < 0,5 g/jour, absence d'hématurie microscopique active > 50 hématies/champ, échographie rénale normale sans obstacle).
  • Protocole Thérapeutique Médical du SHR-AKI de Type 1 :
    • Hospitalisation d'extrême urgence en soins intensifs.
    Association synergique Terlipressine + Albumine 20 % : - Terlipressine : bolus IV continu de 0,5 à 1 mg toutes les 4 à 6 heures (ou perfusion IV continue de 2 à 4 mg/24h au PSE), augmentée jusqu'à 12 mg/j si la créatinine ne baisse pas de 25 % à J3. Induit une vasoconstriction splanchnique permettant de redistribuer le volume sanguin vers la circulation systémique et de lever le spasme artériel rénal. - Albumine à 20 % : 20 à 40 g/jour en perfusion continue pour maintenir la volémie efficace. - Cible thérapeutique : régression de la créatininémie sous 133 μmol/L (1,5 mg/dL).
    Seul Traitement Curatif Définitif à Long Terme : LA TRANSPLANTATION HÉPATIQUE EN URGENCE (avec ou sans greffe rénale combinée selon la durée d'évolution de l'insuffisance rénale).
L'encéphalopathie hépatique (flapping tremor) impose le Lactulose et la recherche d'un facteur déclenchant (hémorragie, infection, constipation, diurétiques). Le syndrome hépato-rénal est une urgence vitale traitée par l'association Terlipressine + Albumine.
Complication SystémiqueMécanisme Physiopathologique DominantSignes Sémiologiques CardinauxTraitement Spécifique de Référence
Encéphalopathie Hépatique (Stades 1 à 4)Accumulation cérébrale de NH3 astrocytaire non épuré (shunts porto-systémiques)Inversion rythme nycthéméral, FLAPPING TREMOR (astérixis), confusion, comaLACTULOSE per os (2-3 selles molles/j) + RIFAXIMINE + Traiter le facteur déclenchant
Syndrome Hépato-Rénal (SHR-AKI)Vasoconstriction artérielle rénale féroce secondaire à la vasoplégie splanchniqueOligurie, élévation créatininémie réfractaire au remplissage salé/albumine de 48hTERLIPRESSINE IV + ALBUMINE 20% au PSE. Enregistrement sur liste de GREFFE HÉPATIQUE.

7. Dépistage du Carcinome Hépatocellulaire (CHC) & Transplantation Hépatique

Le Carcinome Hépatocellulaire (CHC) représente la première tumeur primitive maligne du foie (90 % des cancers du foie). Dans plus de 80 à 90 % des cas dans le monde occidental et au Maghreb, il se développe sur un foie de cirrhose préexistante, avec une incidence annuelle de cancérisation de 2 à 5 % par an chez le cirrhotique.

1. Modalités Impératives du Dépistage Systématique du CHC :
Le dépistage est obligatoire chez tout patient porteur d'une cirrhose (quelle qu'en soit l'étiologie et quel que soit le stade Child A, B ou C dès lors que le patient est éligible à un traitement curateur) :

  • Échographie Hépatique Trans-Abdominale TOUS LES 6 MOIS À VIE :
    • Examen de dépistage de référence universel (sensibilité de 60-80 % entre les mains d'un opérateur entraîné).
    • L'intervalle semestriel de 6 mois est dicté par le temps moyen de doublement tumoral du nodule malin (environ 4 à 6 mois).
    • Recherche tout nodule hépatique d'apparition récente déformant les contours du foie ou modifiant l'échostructure nodulaire de fond.
  • Place du Dosage Sérique de l'Alpha-Fœtoprotéine (AFP) :
    • Marqueur sérique oncofœtal dosé en association à l'échographie semestrielle. Il ne peut jamais être utilisé seul pour le dépistage (sensibilité < 60 %, faux négatifs fréquents pour les petits CHC < 2 cm, et fausses élévations lors des poussées de cytolyse virale ou hépatite alcoolique).
    • Un taux d'AFP > 200 à 400 ng/mL chez un cirrhotique possédant un nodule hépatique est hautement évocateur de malignité.

2. Conduite à Tenir devant la Découverte d'un Nodule Hépatique chez un Cirrhotique :

  • Si Nodule < 10 mm (< 1 cm) :
    • Risque de malignité faible. Répéter l'échographie hépatique à 3 mois d'intervalle.
    • Si stabilité dimensionnelle : retour à la surveillance semestrielle standard. Si croissance ≥ 10 mm : basculer vers l'imagerie diagnostique multiphasique.
  • Si Nodule ≥ 10 mm (≥ 1 cm) : CRITÈRES DIAGNOSTIQUES NON INVASIFS FORMELS (Critères EASL / LI-RADS) :
    • Chez le patient cirrhotique, le diagnostic de certitude de CHC NE NÉCESSITE PAS DE BIOPSIE HÉPATIQUE DANS LA MAJORITÉ DES CAS ! Le diagnostic est affirmé par l'imagerie en coupes dynamique (Scanner hépatique quadrimphasique ou IRM hépatique de perfusion) démontrant le profil hémodynamique tumoral pathognomonique : - 1. Rehaussement artériel intense (« Wash-in » ou « Hypervascularisation artérielle précoce ») : au temps artériel précoce (25-30 secondes), le nodule prend intensément le produit de contraste car il est vascularisé par la néo-angiogenèse artérielle hépatique tumorale, apparaissant très hyperdense par rapport au parenchyme sain non encore réhaussé. - 2. Lavage tumoral précoce (« Wash-out ») : aux temps portal (60-70 secondes) et tardif (3 à 5 minutes), le produit de contraste quitte rapidement le nodule tumoral alors que le parenchyme hépatique sain péri-tumoral se réhausse via la veine porte. Le nodule apparaît alors nettement hypodense / hyposignal par rapport au reste du foie, souvent entouré d'une pseudo-capsule périphérique réhaussée.
    Implication majeure : la présence de ce profil typique « Wash-in artériel + Wash-out portal » sur un nodule ≥ 1 cm chez un cirrhotique AFFIRME FORMELLEMENT LE CHC SANS BIOPSIE ! La biopsie percutanée n'est réservée qu'aux nodules atypiques non concluants ou développés sur foie non cirrhotique, en raison du risque de dissémination tumorale sur le trajet de l'aiguille.

3. La Transplantation Hépatique (Greffe de Foie) : Le Seul Traitement Curateur Radical :
Constitue le traitement idéal ultime de la cirrhose terminale et du petit carcinome hépatocellulaire, car elle éradique simultanément la tumeur maligne et la maladie sous-jacente du parenchyme hépatique (stoppant définitivement l'hypertension portale et l'insuffisance hépatocellulaire) :

  • Indications Majeures de la Greffe Hépatique :
    • Cirrhose décompensée de Child-Pugh B ou C, ou score MELD ≥ 15.
    • Complications sévères récidivantes réfractaires au traitement médical bien conduit (ascite réfractaire, encéphalopathie hépatique chronique invalidante, récidives hémorragiques sous traitement optimal, syndrome hépato-rénal).
    • Carcinome hépatocellulaire précoce développé sur cirrhose respectant les Critères de Milan : - 1 nodule unique ≤ 5 cm de diamètre, OU - 2 à 3 nodules mesurant chacun ≤ 3 cm de diamètre, - SANS envahissement macrovasculaire portal (pas de thrombose porte tumorale) et SANS métastase extra-hépatique. - Taux de survie globale après transplantation selon les critères de Milan : supérieure à 75-80 % à 5 ans avec un taux de récidive tumorale inférieur à 10 % !
  • Contre-indications Majeures à la Greffe : consommation active d'alcool ou de substances illicites non sevrées depuis au moins 6 mois (règle des 6 mois d'abstinence confirmée), infection bactérienne ou fongique évolutive non contrôlée, cancer extra-hépatique récent non guéri, comorbidités cardiorespiratoires sévères incompatibles avec une chirurgie lourde, et thrombose complète et étendue de l'axe spléno-mésentérico-portal.
Tout cirrhotique doit bénéficier d'une échographie hépatique TOUS LES 6 MOIS. Devant un nodule ≥ 1 cm, le profil scanographique « Wash-in artériel + Wash-out portal » affirme le Carcinome Hépatocellulaire sans aucune biopsie ! Les critères de Milan régissent l'accès salvateur à la greffe.
Situation Clinique / NoduleExamen de Dépistage ou DiagnosticSignes Pathognomoniques RetrouvésConduite à Tenir Pratique
Dépistage Systématique CirrhoseÉchographie Hépatique semestrielle (tous les 6 mois) + AFPRecherche de toute anomalie nodulaire millimétriqueExamen obligatoire à vie pour tout patient cirrhotique Child A, B ou C.
Nodule < 10 mm découvertÉchographie hépatique de contrôle rapprochéeÉvaluation de la vitesse de doublement volumiqueContrôle à 3 mois. Si croissance ≥ 1 cm -> basculer vers TDM 4 phases ou IRM.
Nodule ≥ 10 mm sur CirrhoseTDM hépatique multiphasique ou IRM dynamiqueWASH-IN artériel précoce + WASH-OUT portal/tardifDIAGNOSTIC NON INVASIF DE CHC AFFIRMÉ (PAS DE BIOPSIE). Discussion RCP greffe/ablation.
CHC répondant aux Critères de MilanBilan d'extension TDM TAP + Scintigraphie osseuse1 nodule ≤ 5 cm ou ≤ 3 nodules ≤ 3 cm sans thrombose porteTRANSPLANTATION HÉPATIQUE DE PREMIÈRE INTENTION (Survie > 75% à 5 ans).

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